Ce que l’on appelle “compétence économique” du CER, est, en réalité, la capacité
fixée par le Code du Travail pour le Comité d’Etablissement, à intervenir, en termes
de contrôle et plus rarement d’orientation sur la gestion de l’entreprise.
A la SNCF, l’organisation territoriale est en branches d’activités, née de la politique
d’entreprise. Les liens “hiérarchiques” avec les autorités organisatrices de Transports,
ou commerciaux avec les chargeurs, dissolvent fortement les moyens d’action
des CE.
La SNCF refuse systématiquement de transmettre en toute transparence les véritables chiffres, les données économiques, permettant d’infirmer ou de
confirmer ses options stratégiques.
En parallèle, elle impulse une communication et un management offensifs destinés à imposer la “pensée unique”, le dogme de la seule solution, devant
lesquels les cheminots(es), usagers, salariés en général se sentent souvent démunis
ou impuissants.
Elle est aidée en cela par des attaques latérales inédites et très fortes contre le Code
du Travail et directives gouvernementales qui limitent et orientent favorablement aux
directions d’entreprises les actions de la Direction du Travail (les Préfets interviennent
pour “dicter la ligne” à une Direction du Travail “zélée”).
De même, le transfert des compétences vers des entités distinctes, des filiales
voire la sous-traitance, comme la gestion administrative, la gestion du logement
social, du patrimoine immobilier, de la maintenance... dilue considérablement
les capacités d’intervention des cheminots(es) avec leur CER.
Les entreprises sont très bien organisées et solidaires entre elles, malgré la
“compétition économique”, pour porter des coups aux salariés et aux conditions
sociales.
Les salariés doivent donc aussi s’organiser afin de faire prévaloir des perspectives
de progrès portées par le plus grand nombre.